Avril 2016L’espoir, c’est la vie

Importance fondamentale de la santé des os dans le rétablissement des patientes atteintes d’un cancer du sein

L'espoir, c'est la vie

Depuis des mois, Sheree, atteinte d’un cancer du sein, se tirait bien d’affaire et semblait sur la bonne voie de recouvrer la santé jusqu’à l’apparition soudaine d’un autre problème. Après ses traitements de chimiothérapie, ses os montraient des signes d’affaiblissement.

« Quelle mauvaise surprise! Mais je savais bien que je devais y faire face », raconte Sheree, qui a demandé d’être identifiée que par ce prénom. « Le soutien que L’espoir, c’est la vie m’apportait était si exceptionnel que je me suis sentie très soulagée quand l’organisme m’a fait une suggestion. »

La proposition était la suivante : qu’elle s’inscrive à l’une des plus récentes initiatives de L’espoir, c’est la vie, le programme Santé seins et os, qui identifie les femmes aux prises avec un cancer du sein et un risque de fragilité osseuse. Après une évaluation rigoureuse de la patiente, l’organisme conçoit un programme d’exercices adaptés à celle-ci pour l’aider à gérer son problème. Ces femmes reçoivent également des conseils en nutrition pour améliorer la santé de leurs os.

La Dre Carmen Loiselle (à droite) et Garnet Lau se rencontrent dans la salle de gymnastique du Centre de bien-être de L’espoir, c’est la vie HGJ pour discuter de la santé des os et du rétablissement des patientes atteintes d’un cancer.

La Dre Carmen Loiselle (à droite) et Garnet Lau se rencontrent dans la salle de gymnastique du Centre de bien-être de L’espoir, c’est la vie HGJ pour discuter de la santé des os et du rétablissement des patientes atteintes d’un cancer.

Dans le cas de Sheree, les tests de dépistage et les évaluations effectués par une infirmière et par une physiothérapeute du programme Santé seins et os indiquaient que sa faible densité osseuse était peut-être liée à sa maladie et à son mode de vie. Après des examens, une recommandation a été adressée à son médecin traitant pour lui faire passer un test de densité osseuse. L’examen de densitométrie minérale osseuse a confirmé une fragilité des os, et l’équipe a donc conseillé à Sheree de prendre en charge la santé de ses os, d’autant plus qu’on allait lui prescrire des antiœstrogènes pour combattre son cancer du sein.

« Je me sens mieux chaque jour », a remarqué Sheree, dont le cancer du sein diagnostiqué en avril 2015 a fait l’objet d’une chimiothérapie en mai, d’une chirurgie en octobre et d’une radiothérapie en décembre de la même année.

Sheree avait toutefois déjà commencé son entraînement, l’automne dernier, à L’espoir, c’est la vie, dans le cadre d’une promotion des bienfaits généraux de l’activité physique pour aider les patients à se rétablir de différentes formes de cancer. Ses séances ont été interrompues par ses traitements de radiothérapie, mais dès la reprise de ses exercices en janvier, l’équipe de physiothérapie a intégré à son programme des exercices spécifiques pour renforcer ses os.

« Sans le programme Santé seins et os, je n’aurais jamais été au courant des facteurs de risque ou des effets que mes traitements oncologiques pouvaient avoir sur mon organisme, raconte Sheree. Cela m’a vraiment fait apprécier l’équipe qui était derrière moi au Centre du cancer Segal, et la façon dont mon oncologue a combiné mes soins au programme de soutien de L’espoir, c’est la vie. »

Depuis son lancement à la fin de 2015, le programme Santé seins et os a permis de suivre plus de 100 femmes, pour la plupart dans la cinquantaine, mais dont l’âge pouvait aussi varier de 29 à 79 ans, rapporte la Carmen Loiselle, Ph. D., directrice scientifique de L’espoir, c’est la vie et codirectrice de l’enseignement universitaire au Centre du cancer Segal de l’HGJ.

Selon la Dre Loiselle, la recherche revêt une grande importance pour déterminer comment et dans quelle mesure ce programme aide les patientes, la façon dont on utilise les services de santé, et si l’amélioration de la santé des os peut contribuer à faire réaliser d’éventuelles économies au système de santé. Le financement du programme est assuré par la Fondation du cancer du sein du Québec jusqu’à la fin de 2017.

Le lien entre le cancer du sein et la santé des os est l’œstrogène, indique Garnet Lau, coordonnatrice des soins infirmiers du programme et détentrice d’une formation en soins oncologiques psychosociaux. Normalement, l’œstrogène aide à protéger les os en régulant le cycle de reconstruction et de résorption osseuse. Toutefois, cette protection est réduite si l’on abaisse le taux d’œstrogène pour traiter un cancer du sein à récepteurs d’œstrogènes positifs. Les patientes sont donc plus sujettes à une diminution de leur densité osseuse, à la fragilité des os et même à l’ostéoporose.

Pour neutraliser ces effets négatifs, Mme Lau suggère aux patientes de pratiquer des exercices avec mise en charge (ex. : monter des marches ou marcher rapidement pour activer le processus de reconstruction des cellules osseuses), des exercices de renforcement (à l’aide de poids pour développer les muscles attachés aux os) et des exercices axés sur la souplesse et l’équilibre (ex. : se tenir debout sur un pied et sur l’autre pour améliorer l’équilibre et prévenir les chutes).

« De manière générale, nous encourageons tous ceux et celles qui affrontent n’importe quel type de cancer ou qui sont en voie de rétablissement à faire de l’exercice pour combattre la fatigue et réduire d’autres effets secondaires des traitements. »

De plus, précise Mme Lau, les exercices personnalisés mis au point par la physiothérapeute du programme, Marize Ibrahim, tiennent compte de l’âge de la patiente, de ses traitements oncologiques et de leurs résultats ainsi que de son état physique général. Le programme multidisciplinaire peut également englober l’expertise d’autres professionnels de la santé – oncologues, personnel infirmier, nutritionnistes et ergothérapeutes.

Certaines participantes se sont inscrites au programme en communiquant directement avec L’espoir, c’est la vie, tandis que la plupart ont été dirigées par leur médecin ou par une infirmière. Une fois qu’elles y participent activement, les patientes peuvent s’entraîner dans la salle de gymnastique du Centre de bien-être de L’espoir, c’est la vie (Chez Lou).

Des spécialistes sont sur place pour superviser les participantes et leur offrir des conseils dans un environnement motivant et accueillant créé par la coordonnatrice des exercices Anouline Sintharaphone et par la physiologiste de l’exercice Lisa Mastroianni ainsi que par les bénévoles de L’espoir, c’est la vie. La diététiste Kristina Mullahoo est également à la disposition des patientes pour leur fournir des conseils ou pour répondre à leurs questions concernant des situations particulières, comme l’intolérance au lactose, les régimes végétaliens ou les préférences alimentaires de nature religieuse.

« Nous essayons d’inscrire les femmes le plus rapidement possible après l’établissement du diagnostic, poursuit la Dre Loiselle, mais nous accueillons bien sûr des participantes à tous les stades de leur traitement et de leur rétablissement. De manière générale, nous encourageons tous ceux et celles qui affrontent n’importe quel type de cancer ou qui sont en voie de rétablissement à faire de l’exercice pour combattre la fatigue et réduire d’autres effets secondaires des traitements. L’époque où on considérait ces patients comme des personnes fragiles et sédentaires est bel et bien révolue. »

Pour obtenir plus d’information sur le programme Santé seins et os, communiquez par téléphone au 514 340-8222, poste 8658, ou par écrit à glau@jgh.mcgill.ca, ou en personne à la salle E-747 au septième étage du Centre du cancer Segal de l’Hôpital général juif.

Previous article

La Bibliothèque des sciences de la santé passe du papier aux pixels

Next article

Gérer les services publics de santé et de services sociaux : un défi passionnant

No Comment

Leave a comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *