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La Bibliothèque des sciences de la santé passe du papier aux pixels

L’évolution de la bibliothèque médicale — et de sa bibliothécaire en chef — au fils des ans

Imaginez la fin des années 1970 ou le début des années 1980. Vous êtes médecin, infirmière ou un autre professionnel de la santé, et vous êtes venu à la Bibliothèque des sciences de la santé de l’HGJ chercher de l’information qui pourrait faire toute une différence pour le bien-être de votre patient.

Vous ne pouvez pas naviguer dans Internet, car le Web n’existe pas encore — du moins, pas dans sa forme actuelle. Vous ne pouvez pas balayer une base de données, car les ordinateurs personnels (et les bases de données) sont pour ainsi dire inconnus. Une tablette ou un téléphone intelligent? Oubliez ça, vous devrez attendre plusieurs décennies.

Que faire sinon demander à une bibliothécaire d’effectuer une recherche dans la littérature scientifique, incluant principalement des revues imprimées et des livres. Si vous avez besoin d’un ouvrage particulier, vous pouvez consulter un catalogue sur fiches, où se trouvent des milliers de fiches dans des classeurs à multiples tiroirs. L’une d’elles vous orientera vers le volume approprié sur l’une des étagères des dizaines de meubles de rangement de sept pieds de haut qui occupent toute la salle de la Bibliothèque.

Les bibliothécaires sont un maillon indispensable du Service, leur fonction étant de maintenir la diffusion de l’information. Ces personnes assemblent tous les documents imprimés de la collection, font des emprunts dans d’autres bibliothèques et utilisent leur expertise pour dénicher de l’information difficile à trouver.

Bref, tel était l’univers de Arlene Greenberg à son arrivée, en 1970, à la bibliothèque de l’Institut Lady Davis, quelques années avant sa nomination en 1978, au poste de bibliothécaire en chef médicale de l’HGJ.

En décembre dernier, Mme Greenberg qui s’apprêtait alors à prendre sa retraite après 47 ans de service, s’est rappelé avec plaisir l’ambiance livresque de l’ère prénumérique, tout en s’empressant de préciser que la vitesse actuelle de la récupération des données et la facilité à trouver l’information en vérifiant de multiples bases de données sont nettement préférables à ce qui existait auparavant.

Selon Mme Greenberg, les portables de la bibliothèque ou des usagers et les terminaux d’ordinateurs qui offrent aujourd’hui une accessibilité instantanée aux données sont une excellente solution de rechange, car ils ont permis d’améliorer la qualité et la rapidité de la diffusion de l’information destinée aux professionnels de la santé. Finalement, les retombées se font directement sentir sur la qualité des soins prodigués aux patients.

« Malgré la perte d’un nombre inimaginable de volumes reliés et de revues empilées, nous avons pu, nous bibliothécaires, accéder à une mine de ressources, incluant plus de 8 000 revues électroniques, bases de données et livres électroniques, explique Mme Greenberg. Dans le domaine de la santé, où le temps peut être un élément critique, les patients tirent profit de cette technologie si nous pouvons trouver ce que nous cherchons en quelques minutes, voire en quelques secondes. »

Voici, selon Arlene Greenberg, quelques moments marquants dans l’histoire de la Bibliothèque des sciences de la santé :

  • 1991 : Formation d’un consortium — grâce aux efforts combinés de Mme Greenberg et de la bibliothécaire en chef de la Bibliothèque des sciences de la vie de McGill — pour permettre aux hôpitaux d’enseignement affiliés d’avoir accès aux ressources de McGill.
  • 1992 : Utilisation répandue des CD-ROM pour mieux accélérer et simplifier les recherches.
  • 1993 : Numérisation de l’information des catalogues sur fichier et élimination des fichiers papier.
  • 1994 : Accessibilité à la base de données numérisée Medline de McGill par le biais d’une connexion Internet.
  • Fin des années 1990 : Abandon des CD-ROM et leur remplacement par un accès direct en ligne aux bases de données.
  • 2002 : Ouverture du Centre de ressources pour les patients et leur famille.
  • 2007 : Ouverture de la Bibliothèque des sciences de la santé entièrement rénovée, qui offre un accès numérique à ses usagers. On y réduit sensiblement le nombre de livres et de revues, pour libérer de l’espace afin d’aménager deux grandes salles de réunion et créer un environnement plus lumineux et plus aéré. Cette modernisation a été rendue possible grâce au don de 1,3 M$ de BMO Groupe financier.
  • 2009 : En vue des célébrations du 75e anniversaire de l’HGJ, une bibliothécaire aidée d’autres ressources connexes se consacre à archiver les traces du passé de l’Hôpital en format physique ou numérique de manière plus systématique et plus facilement accessible. Des expositions d’archives, également aménagées pour souligner les 75e et 80e anniversaires, sont présentées dans le hall d’entrée principal.
  • 2010 : Les bibliothécaires commencent à assister aux conférences cliniques de chirurgie générale, de chirurgie colorectale et de soins intensifs néonataux pour aider à améliorer les prises de décision de l’équipe soignante.
  • 2012 : Création du Réseau pour l’éducation des patients.
  • 2014 : Aide accrue des bibliothécaires au fur et à mesure que l’équipe assiste aux conférences cliniques du personnel d’Hématologie et à celles du comité des tumeurs avec le personnel d’Oncologie cervico-faciale.

Arlene Greenberg consulte, en 1983, un catalogue de l’Université McGill sur un lecteur de microfiches à la Bibliothèque des sciences de la santé de l’HGJ. L’utilisation du lecteur constituait à l’époque un progrès considérable, permettant aux bibliothécaires de retrouver une plus grande quantité d’informations médicales, tout juste avant l’introduction des catalogues en ligne.

Arlene Greenberg consulte, en 1983, un catalogue de l’Université McGill sur un lecteur de microfiches à la Bibliothèque des sciences de la santé de l’HGJ. L’utilisation du lecteur constituait à l’époque un progrès considérable, permettant aux bibliothécaires de retrouver une plus grande quantité d’informations médicales, tout juste avant l’introduction des catalogues en ligne.

L’un des changements les plus importants, selon Mme Greenberg, est le fait que l’on encourage maintenant les patients et leurs proches à visiter la Bibliothèque des sciences de la santé pour obtenir des données fiables sur une maladie ou une affection particulière. Le tournant s’est opéré en l’an 2000 grâce à L’espoir, c’est la vie qui a commencé à envoyer des patients atteints d’un cancer à Mme Greenberg pour qu’elle les aide à trouver dans Internet de l’information détaillée sur leur diagnostic.

Deux ans plus tard, l’ouverture du Centre des ressources pour les patients et leur famille (CRPF) a permis d’orienter les patients vers des sites en ligne fiables. S’appuyant sur le Centre, la Bibliothèque a par la suite créé le Réseau pour l’éducation des patients. Introduit en 2012, le Réseau aide les patients à faire leurs propres recherches dans la collection du CRPF, à localiser des livres ou des articles pertinents ou même à consulter des documents sur la santé mis au point par professionnels de l’HGJ.

Aujourd’hui, les membres du personnel de la Bibliothèque répondent également aux questions du public envoyées par courriel et demeurent accessibles, sur rendez-vous, pour rencontrer les personnes ayant besoin d’aide pour trouver de l’information pertinente.

À l’ère pré-numérique de la Bibliothèques des sciences de la santé de l’HGJ, les livres et les magazines — rangés sur les étagères des gigantesques bibliothèques aujourd’hui disparues — fournissaient les principales sources de renseignements médicaux.

À l’ère pré-numérique de la Bibliothèques des sciences de la santé de l’HGJ, les livres et les magazines — rangés sur les étagères des gigantesques bibliothèques aujourd’hui disparues — fournissaient les principales sources de renseignements médicaux.

« C’est merveilleux que la Bibliothèque ait pu évoluer de la sorte, rapporte Mme Greenberg. L’équipe en place actuellement — en fait, toutes les personnes avec qui j’ai travaillé au fil des ans — a accueilli avec enthousiasme les possibilités d’apprentissage et de formation pour être à jour à la suite des changements technologiques. Grâce à elles, la Bibliothèque est un lieu accueillant, et je suis fière d’entendre les résidents en médecine et les autres usagers dire à quel point ils aiment venir étudier ici. »

Pour Mme Greenberg, l’occasion de travailler dans la Bibliothèque des sciences de la santé fut « un immense privilège et un honneur, car j’ai toujours senti le respect de l’HGJ à l’égard de notre bibliothèque et son soutien pour son expansion, de même que sa reconnaissance de nos contributions aux professionnels de la santé et aux patients qu’ils servent. Travailler dans un environnement aussi stimulant m’a motivée à faire de mon mieux. »

Mme Greenberg poursuit : « Très peu de personnes peuvent se vanter d’avoir travaillé dans un même lieu pendant près de cinq décennies, et je suis fière de pouvoir dire que c’est exactement ce que j’ai fait. J’ai toujours senti que l’expansion de la Bibliothèque avait été en quelque sorte liée à mon épanouissement personnel et professionnel. »

TD

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