Octobre 2016Première personne du singulier

Le transport des patients dans l’Hôpital peut être une expérience émouvante

Depuis ma plus tendre enfance, j’ai toujours su que je ferais carrière dans un secteur d’aide à autrui. C’est la raison pour laquelle je tire une grande satisfaction, à titre de préposée aux soins et membre de l’équipe de transport, à l’HGJ, de savoir que je fais exactement le travail qui me convient. Par contre, je n’avais jamais imaginé que mon parcours, à la fois emballant et semé d’embûches, serait aussi tortueux!

Au début de mes études secondaires, j’hésitais encore entre les soins de santé et le droit. L’élément déclencheur a été la possibilité de m’inscrire â un programme offert à l’école secondaire Northmount, qui permettait aux étudiants d’obtenir en même temps un diplôme de formation professionnelle et un diplôme d’études secondaires. En 1982, avec en main un diplôme d’études secondaires et un autre d’assistante dentaire, j’envisageais de commencer rapidement une longue carrière dans le domaine des soins de santé.

Mais le destin en a décidé autrement.

Tout a changé quand ma tante, de qui j’étais très près, a reçu un diagnostic de cancer du sein. Comme les autres membres de ma famille, je voulais faire tout en mon pouvoir pour l’aider. Moi qui avais toujours rêvé de prodiguer des soins, je le faisais maintenant en y mettant tout mon cœur. Malheureusement, à l’âge de 42 ans, ma tante a été emportée par  la maladie.

Cherchant à tourner la page, je suis entrée sur le marché du travail très rapidement, et j’ai accepté un poste de réceptionniste dans un cabinet d’avocats du centre-ville. J’y ai acquis des connaissances et une expérience précieuses, mais près d’un an plus tard je savais qu’il était temps de commencer à exercer mon vrai métier. C’est ainsi que je suis entrée au service d’un bureau de dentiste, où je suis restée pendant huit ans et demi.

Par la suite, je me suis mariée et j’ai eu la chance de pouvoir rester à la maison avec mes deux enfants, un garçon et une fille. Je voyais mes enfants grandir et l’envie de retourner travailler se faisait de plus en plus pressante. Mais, mon projet a été mis en attente quand le destin a de nouveau fait des siennes : mon père luttait contre un cancer du pancréas de stade 4, et je voulais rester avec lui.

Après le décès de mon père, en 2005, j’ai réalisé que j’avais quitté le marché du travail depuis plus de dix ans et compris que c’était maintenant ou jamais. Je suis retournée aux études dans la quarantaine pour obtenir un diplôme d’aide-soignante du Centre Pearson Adult and Career, à LaSalle.

J’ai toujours voulu travailler à l’Hôpital général juif, où les médecins de ma mère, aujourd’hui décédée, avaient leurs bureaux et où mes deux enfants sont nés. Pendant ces visites à l’Hôpital j’avais senti combien l’atmosphère de l’HGJ était authentique et chaleureuse, un sentiment qui s’est avéré juste par la suite. Une grande valeur est accordée au travail accompli et c’est un endroit où une personne peut beaucoup apprendre.

En 2008, j’ai été ravie d’être embauchée comme préposée aux soins à l’HGJ, poste qui me permet de réconforter et d’appuyer les patients pour lesquels j’effectue différentes tâches, comme les positionner dans leur lit ou dans une chaise, les aider à manger et changer leurs draps.

Trois ans plus tard, une autre occasion s’est présentée quand l’HGJ cherchait à créer une équipe de transport pour les patients en fauteuil roulant, en civière ou alités qui devaient recevoir un traitement ou faire un test. Sous la direction de Rosalie Johnson et de Samantha Prahalis, du Centre de ressource des soins infirmiers, l’équipe de transport a pris forme, et je suis fière de pouvoir dire que Danny Venuto et moi en sommes les deux premiers membres.

Aujourd’hui je partage mon temps entre l’équipe de transport et mon travail de préposée aux soins avec comme seul objectif de faire tout en mon pouvoir pour aider les patients à être plus à l’aise pendant une période difficile et stressante de leur vie. Il ne suffit pas de simplement les déplacer d’un endroit à l’autre. Non. Il faut leur parler en faisant preuve de sensibilité, d’intérêt et d’humour.

Je demande toujours aux patients comment ils se sentent et ce que je peux faire pour eux.  Si un patient est déprimé et n’a pas envie de faire un test, j’essaie de lui remonter le moral et de le préparer psychologiquement. À ma manière, je m’efforce de rendre le séjour à l’Hôpital des patients le plus agréable possible.

Il est particulièrement gratifiant d’entendre un patient, ou l’un des membres de sa famille, me dire combien il apprécie ce que j’ai fait. Je tire une grande satisfaction de savoir que mon travail est valorisé et c’est la raison pour laquelle j’espère rester en bonne santé et avoir une longue carrière à l’HGJ.

J’apprécie la chance que j’ai eue d’avoir des parents, maintenant décédés, qui m’ont appris, ainsi qu’à mes sœurs, que le travail acharné et les sacrifices portent toujours des fruits. Je suis profondément reconnaissante d’avoir pu compter sur l’appui et les encouragements de toute ma famille, mais surtout d’aimer mon travail. Quelle satisfaction de voir un sourire s’épanouir sur le visage d’un patient et de savoir que c’est un peu grâce à moi qu’il y est.

Rodgers-name

 

 

Préposée aux soins et membre de l’équipe de transport

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