Les Auxiliaires jettent un regard en arrière pour mieux aller de l’avant

Rencontre avec trois anciennes présidentes à l’occasion du 80e anniversaire de la fondation des Auxiliaires

C’est en rejoignant de nouveau les rangs des Auxiliaires de l’HGJ, après une courte absence au cours des années 1970, que Lucy Wolkove a compris que c’était la chaleur et l’esprit de camaraderie qui régnait au sein de cette organisation qui la rendait tellement unique.

Ce sentiment a été ravivé l’été dernier, quand madame Wolkove s’est jointe à deux autres anciennes présidentes pour évoquer le passé, au moment où les Auxiliaires s’apprêtent à célébrer leur 80e anniversaire. Des événements soulignant ce jalon historique auront lieu au cours des prochains mois.

« Les gens assument toujours leurs responsabilités », déclare madame Wolkove (présidente de 1989 à 1991), ce qui entraîne un hochement affirmatif de Rachelle Douek (1983 à 1985) et de Rona Miller (1991 à 1993), lors d’une conversation dans le bureau des Auxiliaires, dans le pavillon A de l’hôpital.

Madame Wolkove se souvient encore qu’à l’époque où son mari était interne, il y a plus de 40 ans, elle et d’autres conjointes avaient fondé le « Club des femmes des internes ». Après une pause, elle éclate de rire, et ajoute « aujourd’hui ce serait tellement inapproprié, pour plusieurs raisons! Et, peu après, nous nous sommes installés à Philadelphia, où mon mari a poursuivi sa formation postdoctorale! »

« Quand je suis revenue, Claire Sheiner était présidente (1974 à 1977), et elle m’a invité à collaborer au projet de livre de recettes des Auxiliaires. C’est ainsi que j’ai retrouvé plusieurs « anciennes » du Club des femmes des internes, qui participaient également à cette initiative. Il régnait un tel l’esprit de camaraderie au sein des Auxiliaires. C’est ce qui m’a conquis! »

« Quand vous êtes présidente, rien ne peut avoir lieu sans l’appui de l’ancienne présidente », ajoute madame Miller. « C’est ce qui m’a attiré, ce sentiment de collaboration, de travailler avec des amies, sans que personne ne cherche à être reconnue ou récompensée. »

Madame Douek souligne que les Auxiliaires continuent d’implanter de nombreux projets de financement dont les profits contribuent au bien-être des patients, traditionnellement l’un des aspects clés de la raison d’être des Auxiliaires.

Cette organisation de bénévoles, d’abord connue sous le nom de Women’s Auxiliary, a été créée lors d’une réception en plein air organisée par Annie Goldbloom, en 1936. Bessie Pesner, tante de Rona Miller, l’une des anciennes présidentes, est entourée d’un cercle rouge.

Cette organisation de bénévoles, d’abord connue sous le nom de Women’s Auxiliary, a été créée lors d’une réception en plein air organisée par Annie Goldbloom, en 1936. Bessie Pesner, tante de Rona Miller, l’une des anciennes présidentes, est entourée d’un cercle rouge.

Malgré tout, madame Wolkove confirme que beaucoup de choses ont changé au fil des décennies, surtout depuis l’époque où l’Hôpital était beaucoup plus petit, quand les Auxiliaires jouaient parfois des rôles inattendus. Par exemple, quand l’HGJ ressentait les effets de la grève des infirmières à Montréal, il y a plusieurs années, « la présidente et les membres des Auxiliaires lavaient les draps et nourrissaient les patients. Être à l’Hôpital était comme être membre d’une grande famille ».

Les Auxiliaires : un bref survol

En 1936, deux ans après l’ouverture de l’HGJ, l’organisation des Auxiliaires (connue sous le nom de The Women’s Auxiliary à cette époque) a été fondée, lors d’une réception en plein air maintenant légendaire, par Annie Goldbloom et un groupe de bénévoles dont Bessie Pesner, tante de l’ancienne présidente Rona Miller (voir la photo photo).

Au cours de la grande dépression des années 1930, et jusqu’à la fin des années 1940, les Auxiliaires se sont assurées que les fonds requis pour plusieurs nécessités essentielles pour les patients, comme les transfusions sanguines, étaient disponibles. Les Auxiliaires ont acheté de l’équipement (notamment un poumon d’acier et une tente à oxygène), fourni des draps, des taies d’oreiller et des serviettes, aidé à préparer des millions de bandages et de pansements chirurgicaux et fait don de couches, de vêtements et de couvertures pour bébés à des mamans dans le besoin.

Immédiatement après la seconde guerre mondiale, quand les réfugiés juifs ont commencé à arriver à Montréal, les Auxiliaires ont mis sur pied un service social médical pour offrir aux survivants de l’Holocauste des services de consultations psychologiques, de traduction et même de l’aide financière.

Les bénévoles des Auxiliaires ont servi de modèle pour la création du Service des bénévoles de l’HGJ, au début des années 1950, et leurs efforts de financement ont inspiré la création de la Fondation de l’HGJ, en 1969. L’espoir c’est la vie a été fondé sous les auspices des Auxiliaires, en 1981, avant de devenir, huit ans plus tard, un organisme indépendant qui offre un appui et des consultations psychologiques aux patients atteints de cancer et à leurs familles.

Aujourd’hui, les Auxiliaires célèbrent leur 80e anniversaire et plusieurs bénévoles continuent de recueillir des fonds pour combler nombre de besoins de l’Hôpital. Certains grands projets (comme le Fonds des petits miracles) servent à acheter de l’équipement pour l’Unité de soins intensifs néonataux, tandis que d’autres, moins spectaculaires, sont orientés vers l’humanisation des expériences des patients à l’Hôpital.

Parmi les nombreuses activités des Auxiliaires, citons :

  • Menus pour l’esprit, une série de séances de cinéma et de conférences;
  • cours de préparation à l’accouchement et cours de réanimation cardiopulmonaire;
  • programme d’Introduction des élèves aux activités hospitalières, dans le cadre duquel les étudiants de niveau secondaire, intéressés par une carrière dans le domaine des soins de santé, sont invités dans les coulisses de l’HGJ;
  • Ami de cœur, permet de fournir des oreillers aux patients qui se rétablissent d’une chirurgie cardiaque;
  • chariot-alimentaire ambulant et chariot-bibliothèque ambulant.

Ce sont ces liens affectifs qui ont incité ces trois femmes à maintenir un rapport étroit avec les Auxiliaires et l’HGJ à la fin de leur mandat. Madame Douek est bénévole au Service des urgences, et elle a siégé au comité exécutif de l’Association des auxiliaires des hôpitaux du Québec. Madame Wolkove a également collaboré à cette association et elle agit comme conseillère auprès du Fonds des petits miracles des Auxiliaires (fonds servant à acheter de l’équipement pour l’Unité de soins intensifs néonataux). À titre d’ancienne infirmière, madame Miller a participé à l’élaboration du programme de bénévolat pour le Service des urgences, et elle n’hésite jamais à donner un coup de main à différents projets.

Au fil du temps, les trois femmes ont aussi assumé une foule de rôles officieux, agissant comme liens avec le passé de l’organisation et comme gardiennes de la mémoire collective des Auxiliaires. « Malheureusement, de moins en moins de personnes ont ce sens de l’histoire » de dire madame Wolkove, « les gens font donc appel à nous ».

« Cela n’a pas toujours été facile, mais c’est gratifiant.  Quand j’étais présidente, je disais toujours : Je ne serais jamais payé assez pour effectuer ce travail, mais bénévolement  je le fais avec plaisir! »

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