Composer avec les besoins croissants des personnes âgées

Un matin de la semaine dernière, en lisant les manchettes de l’actualité, j’ai été fasciné d’apprendre que nous étions arrivés au moment charnière qui était pressenti depuis plusieurs années. J’avais devant mes yeux, en noir sur blanc, certaine données clés de Statistiques Canada tirées du recensement effectué en 2016 : le nombre d’aînés dans notre pays (5,9 millions) dépasse maintenant officiellement le nombre de personnes âgées de 14 ans et moins (5,8 millions).

Statistiques Canada prévoit également, conformément à ce que les gérontologues et les démographes annoncent depuis une vingtaine ou une trentaine d’années, que cette situation déséquilibrée deviendra encore plus évidente avec le départ à la retraite de plus en plus de membres de la génération issue du baby-boom.

À titre de médecin et de gestionnaire du secteur des soins de santé, je me réjouis que les avancées de la science et des technologies médicales aident les Canadiens à vivre plus longtemps et en meilleure santé. Mais, force est de constater que satisfaire à leurs besoins en matière de soins de santé est excessivement complexe, puisqu’une même personne présente souvent de multiples pathologies ou problèmes médicaux.

Heureusement, notre système de soins de santé est en mesure de mieux composer avec la croissance démographique du segment des aînés dans la population. Depuis la création du CIUSSS du Centre Ouest-de-l’Île-de-Montréal, en avril 2015, nous nous attachons à améliorer le continuum de soins au sein de notre réseau. Cela se traduit par une transition plus facile d’un hôpital à un centre de réadaptation ou à des soins à domicile et à un établissement de soins de longue durée, en fonction de l’évolution des besoins de la personne âgée.

Dans le même ordre d’idées, nous nous efforçons de réaliser une intégration plus étroite du personnel de tous nos établissements. C’est-à-dire que peu importe l’établissement du CIUSSS où travaillent les membres de notre personnel possédant un savoir-faire particulier dans un domaine, comme les AVC, ils collaborent pour s’assurer que les traitements et les soins sont prodigués en temps opportun dans tous nos établissements.

Curieusement, le moment charnière de la semaine dernière m’a incité à relire un article paru dans le Journal of Gerontology que j’avais gardé dans mes dossiers. Publié en 2006, ce document examinait les programmes de soins à domicile et les autres services offerts aux personnes âgées par deux CLSC de Montréal, et l’auteur concluait qu’il y avait une « possibilité d’implanter un système intégré permettant de réduire le recours aux hôpitaux et [aux établissements de soins de longue durée] sans accroître les coûts ou la charge de travail du personnel soignant tout en rehaussant le degré de satisfaction de ces derniers ».

Aujourd’hui, nous avons réalisé le rêve de créer ce type de système intégré, et nous commençons déjà à en apprécier les nombreux avantages. Nous sommes conscients de la nécessité d’apporter d’autres améliorations et peaufinages, mais je suis encouragé par notre capacité accrue de concentrer nombre de nos efforts sur les aînés. Les besoins croissants de notre population vieillissante seront difficiles à combler, mais les bases sont en place pour que nous soyons en mesure de le faire.

Lawrence

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